Lettre au ministre des Pensions afin de lui exprimer ma plus vive inquiétude en ce qui concerne les nouvelles mesures annoncées par le gouvernement fédéral en matière de fin de carrière et de pensions

J’ai écrit ce jeudi 23 octobre au ministre des Pensions, Daniel Bacquelaine, afin de lui exprimer ma plus vive inquiétude en ce qui concerne les nouvelles mesures annoncées par le gouvernement fédéral en matière de fin de carrière et de pensions. En effet, ces mesures additionnées vont entraîner à la fois un allongement excessif de la carrière des enseignants dans un laps de temps très court, une diminution du montant de la pension et une restriction à l’engagement de nouveaux enseignants.

Le métier des enseignants du fondamental, qui doivent gérer toute la journée des classes d’enfants de 2,5 ans à 12 ans, ou celui des enseignants du secondaire devant faire face à des classes regroupant de nombreux jeunes aux parcours et besoins de plus en plus diversifiés, est un métier que l’on peut aussi qualifier de « lourd » à bien des égards.

Ce métier mérite des aménagements de fin de carrière, qui sont incompatibles avec les nouvelles mesures proposées par le gouvernement fédéral :

  • Le passage de la pension anticipée à 62,5 ans en 2017 et à 63 ans en 2018, en lieu et place des 62 ans actuels, en considérant que la reconnaissance des carrières longues permettent, aujourd’hui, à beaucoup d’enseignants de partir à 60 ans.
  • Le passage de la pension à 66 ans en 2025 et à 67 ans en 2030.
  • La perte progressive, à partir de 2015 (à raison de 6 mois par an), de la prise en compte des années de diplôme pour le calcul de leur carrière en vue d’un départ anticipé à la retraite qui entraînera un allongement de carrière de 2, 3 ou 4 ans dans une période allant de 4 à 8 ans !
  • La suppression de l’allocation pour l’interruption de carrière sans motif. Il faut savoir que plus de 10.000 membres du personnel enseignant bénéficient des interruptions de carrière ordinaires, notamment pour alléger les fins de carrière.
  • L’augmentation de la condition de carrière, qui passera à 41 ans en 2017 et à 42 ans en 2019.

Par ailleurs, le pouvoir d’achat des enseignants pensionnés sera fortement atteint avec la moindre prise en considération des années d’études pour le calcul de la pension et le passage des tantièmes préférentiels de 1/55ème en 60ème.

L’addition de ces mesures touche de plein fouet le public-cible enseignant, qui mérite plus de considération et une autre prise en compte de la difficulté de son métier, ainsi que de sa fin de carrière.

J’ai sollicité un rendez-vous urgent avec le ministre des Pensions afin de discuter de cette problématique et tenter de trouver des solutions pour éviter l’avalanche de ces mesures peu acceptables.

 

>> Lire l’article dans le Soir de ce 24 octobre : http://www.lesoir.be/689000/article/actualite/enseignement/2014-10-24/milquet-ne-touchez-pas-aux-retraites-des-profs