« Non à une ‘police des étrangers’ ! »

Voici mon communiqué de presse en tant que Présidente de la Commission des Affaires intérieures du Parlement bruxellois et ancienne Ministre de l’Intérieur suite à la proposition de Théo Franken d’envisager la création d’une «  police des étrangers »

Joëlle Milquet, ancienne Ministre de l’Intérieur et Présidente de la Commission des Affaires intérieures du Parlement bruxellois, estime inacceptable la proposition de Théo Francken d’envisager une sorte de « police des étrangers » agissant avec la police afin de débusquer des personnes étrangères. Il ne peut être question dans notre Etat de droit d’avoir d’un côté une sorte de « police spéciale pour les étrangers » composée de personnes non formées ni habilitées à exercer l’imperium de l’Etat et de l’autre, la police actuelle, notamment pour les nationaux.

Seule la police fédérale et/ou la police locale est légitimée à exercer sa fonction de maintien de l’ordre public et d’interpellation, sous le contrôle des autorités respectivement administratives et judiciaires. C’est à la police – et à la police seule – qu’il revient d’exercer sa mission à l’égard des citoyens quels qu’ils soient et quelle que soit leur origine. C’est ensuite au parquet à exercer la sienne à l’égard de toute personne qu’elle soit belge, étrangère, en situation illégale ou non.

Laissons la police et la justice exercer leurs missions selon les principes de l’Etat de droit et de l’égalité de traitement.

Par ailleurs, l’allusion aux récents troubles survenus à Bruxelles relève de l’amalgame étant donné qu’à ce stade, il n’est pas fait état de personnes en situation illégale.

Le Premier Ministre ne peut accepter que ce genre de projet puisse voir le jour. Le populisme a des limites que l’Etat de droit ne peut permettre de franchir.