« Un nouvel élan culturel à Bruxelles » – Interview dans « Le Soir »

ENTRETIEN avec JEAN-MARIE WYNANTS

Samedi, Sven Gatz, ministre flamand de la Culture, évoquait dans nos pages la mise sur pied d’une table ronde entre tous les niveaux de pouvoir afin de dynamiser la culture à Bruxelles, de lui donner de nouveaux moyens et de multiplier le rayonnement de la capitale vers l’étranger.

Ministre de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Joëlle Milquet réagit à ses propos et confirme vouloir aller dans la même direction.

Qu’avez-vous pensé des propos de Sven Gatz dans « Le Soir » de samedi ?

Ce n’est pas une surprise puisqu’on s’est vu avec Sven Gatz à ce sujet, il y a un bon mois. Cela fait pleinement partie de ce que j’entends défendre comme ministre de la Culture. Et ça ne date pas d’hier. Dans son livre, Hamza Fassi-Fihri (NDLR : chef de groupe CDH au parlement de la Région bruxelloise et ex-échevin de la Culture à Bruxelles) lançait l’idée d’une sorte de G20 de la culture à Bruxelles.

En ce qui me concerne, c’est une idée à laquelle j’avais pensé lorsque j’étais échevine de la Culture à Bruxelles. Nous avions commencé à planifier des rencontres avec la Région et les échevins des 19 communes et puis j’ai été appelée à intégrer le gouvernement fédéral.

Cette coordination vous semble réalisable aujourd’hui ?

Cela me semble indispensable. D’une part, parce que les compétences en ce domaine sont éclatées entre de multiples niveaux de pouvoir. Il faut donc trouver un moyen de rassembler, de coordonner. D’autre part, parce que c’est essentiel au rayonnement de notre capitale et de notre pays. Bruxelles a des atouts formidables qui peuvent largement contribuer à renforcer notre attractivité en termes culturels, événementiels, touristiques… Notre potentiel est énorme, mais tout est encore trop éclaté en termes de budget, d’acteurs, de stratégie… Nous serons dix fois plus performants en ayant des projets conjoints. On peut se fédérer sur un certain nombre d’entre eux tout en gardant notre autonomie.

En pratique, qu’est-ce que cela signifie ?

On se voit avec Sven Gatz le 8 décembre pour poursuivre nos discussions. Il existe depuis peu un accord de coopération culturelle entre les deux Communautés. Il s’agit à présent de le mettre en pratique. Pour cela, nous voulons notamment mettre des budgets en commun dans une logique 50/50, pour lancer ensemble des initiatives dynamiques et porteuses d’avenir.

Quid des autres niveaux de pouvoir ?

Là aussi, je pense qu’il faut travailler en commun. Les deux Communautés collaborent déjà. Il faut maintenant associer les autres partenaires comme les 19 communes, dont celle de Bruxelles-ville, qui a une vraie politique et un budget d’envergure dans ces domaines. Il faut aussi associer la Région Bruxelles-Capitale, qui manifeste de plus en plus la volonté d’investir dans la culture, le tourisme, les secteurs innovants…

Et le fédéral ?

Bien sûr. Il faut mettre tout le monde autour de la table. Nous avons à Bruxelles beaucoup d’activités de taille moyenne mais pas du tout coordonnées entre elles. C’est nécessaire pour savoir notamment où on pourrait mettre la gomme pour augmenter les moyens, la visibilité. On peut dégager des budgets conjoints pour passer dans certains cas à un niveau supérieur. Y compris avec les musées fédéraux, les Beaux-Arts, etc. Il y a trop peu de synergies entre les politiques communautaires et fédérales à ce niveau.

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